L’hypnose ericksonienne

Introduction

Lorsque j’ai le lead durant le pré talk, alors je me mets en position basse. Je me mets à discourir comme le consultant. Même tournures de phrases, mêmes erreurs de grammaires. Je dois m’effacer. Peu à peu, en utilisant certaines techniques que j’exposerais dans cet article, je cherche à lancer des processus psychobiologiques. Lorsque le consultant garde un bras en l’air pendant deux heures sans y prêter attention, cela me permet de stabiliser ces processus. L’hypnose est un état naturel dans lequel on est plongé plusieurs fois par jour. Le rôle de l’hypnotiseur va être de stabiliser cet état et de l’orienter dans une direction, de l’utiliser de manière stratégique et dans un but précis. 
Une fois que le consultant est en état d’hypnose, je m’efface totalement. Ce sont ses mots que je délivre à la personne, afin de l’inviter à tomber amoureuse d’elle-même. Toutes les techniques d’hypnose qui permettent de recadrer les perceptions ont ce but : contourner vos propres résistance afin de vous offrir ce moment de grâce où vous vous rencontrez et passez un merveilleux moment à apprécier votre propre compagnie. Ce moment où vous retrouvez foi en vous, de tout votre être.
À la fin de la séance, je conseille aux débutants de rester silencieux. J’ai mis vingt ans de pratique avant de réussir à parler en fin de séance sans arrêter les processus qui venaient d’être lancés. À présent, je structure la fin de séance avec des dialogues, mais je conseille aux hypnothérapeutes débutants de raccompagner le consultant en silence.
Cette reconnexion avec soi a quelque chose de magique, la magie a besoin de silence. Également, comme je l’expliquerais plus en détail par la suite, les processus psychobiologiques lancés plus haut, les « rythmes ultradiens » continuent d’agir après la séance et un mot de travers de ma part pourrait rompre le charme et annuler tous les bienfaits de l’hypnose.

Erickson et Rossi : une brève présentation

Le psychiatre américain Milton Erickson a, par sa pratique créative et innovante, influencé plusieurs courants thérapeutiques modernes. Lorsqu’on parle d’hypnose ericksonienne, il n’est pas toujours très clair, même pour le spécialiste, de savoir de quelle hypnose ericksonienne on parle exactement. Je m’inspire dans ma pratique, notamment pour l’arrêt du tabac, de l’approche de Ernest L. Rossi, l’un des plus brillants élèves d’Erickson. Rossi, dont je parlerais plus longuement en fin d’article, a consacré les trente dernières années de sa vie à étudier l’influence de l’hypnose sur l’ADN. Ses travaux nous permettent de mieux comprendre pourquoi certaines maladies génétiques qu’Erickson soignait n’étaient pas transmises par la suite aux enfants de ses patients.
Les travaux de Rossi nous permettent de lire tout Erickson avec un nouveau regard, un regard passionnant. Tous les trésors de technique que l’hypnothérapeute a déployée tout au long des années n’avaient, au final, qu’un seul but : faire accéder les patients au rythme ultradien adapté à la résolution de leur problématique.
Nous reviendrons plus longuement sur les rythmes ultradiens, mais sachez déjà cela : les rythmes qui nous intéressent sont au nombre de trois, qui durent respectivement cinq minutes, vingt minutes et deux heures. Ce sont des rythmes biologiques au cours desquels, entre autre, les cellules se divisent. L’ADN de la nouvelle cellule n’est pas nécessairement identique à celui de l’ancienne et peut avoir été influencé par l’environnement autour de la cellule.
Tout ceci peut paraître technique de prime abord, mais je vais prendre le temps de revenir et d’expliciter ces notions au fur et à mesure. Ce qu’il faut en retenir, c’est que lorsqu’on est « en hypnose » ce n’est pas juste imaginer des choses. C’est un état physique et mental où la plupart de nos rythmes biologiques se modifient. Il y a ceux que l’on perçoit- la respiration, les battements de son cœur – et puis il y a tout le reste, le système nerveux, le système hormonal, endocrinien, jusqu’à l’ADN.
Découvrir ou redécouvrir le travail d’Erickson en gardant à l’esprit que son travail se basait intuitivement sur les rythmes ultradiens donne un éclairage nouveau à son génie.

La voix d’Erickson

Bien sûr, Milton Erickson était un maître de la parole, mais c’était aussi et avant tout un maître de la voix. À la fin de sa vie, paralysé par une attaque de poliomyélite, il ne disposera d’ailleurs plus que de cet outil pour amener les gens en hypnose. Il utilise sa voix de quantités de manières différentes, mais la plus remarquable est sans doute celle qui consiste à ancrer l’état de transe chez son patient à un ton spécifique de la voix.
Dans cette vidéo, on distingue nettement le changement de tonalité au moment où il démarre l’induction. Il est précisé dans l’introduction que c’est la deuxième séance du jeune homme. Son cerveau a donc pu enregistrer la voix d’Erickson lors de la séance précédente. Il suffit au thérapeute d’adopter à nouveau cette voix pour que le cerveau du consultant se rappelle l’état d’hypnose et y retourne naturellement.
La voix est quelque chose de très personnel, il ne s’agit pas de singer Erickson, mais, pour le thérapeute, de s’approprier cet outil au moyen d’une pratique répétée qui lui permet d’acquérir de l’expérience.
Outre initier et guider la transe, la voix permet aussi de susciter la dissociation. J’expliquerais la dissociation plus en détail plus tard, mais je vais expliquer ici comment la voix permet de produire cette dissociation. Repensez à un repas avec des amis ou de la famille. Si vous faites attention, chacun varie sa tonalité en fonction de son interlocuteur. On ne parle pas de la même manière à un enfant qu’à un adulte, ni à un inconnu ou son meilleur ami. Lorsque Erickson parle à l’un de ses patients, il part du principe que l’Inconscient est là lui aussi et qu’il écoute. Lorsqu’il parle, il s’adresse tantôt à l’individu, tantôt à son inconscient. Cela crée un décalage et une confusion dans la perception de l’interlocuteur. D’une certaine manière, en percevant que l’on s’adresse à lui comme s’il possédait deux niveaux de compréhension distincts, le consultant accepte et manifeste plus facilement les réponses de son Inconscient
Erickson était arythmique, c’est à dire qu’il ne percevait pas la musicalité dans le rythme. C’est assez difficile de se représenter comment le monde devait être pour lui. Peut-être que tous ces changements de ton qui nous viennent spontanément en fonction de notre interlocuteur, peut-être ne les avait-il pas ? Nous savons en tout cas qu’il utilisa également le rythme, notamment pour influencer la focalisation et les niveaux d’attention de ses patients.
En ralentissant, accélérant ou en insistant sur un mot, le thérapeute guide l’attention du consultant. Nous allons voir en quoi la focalisation est essentielle à l’hypnose.

Les premières expériences d’Erikson sur l’hypnose

Ce qu’il se passe lors de la focalisation

L’abbé Faria, au milieu du XIXème siècle, utilisait une forme de focalisation que l’on appelle la fascination. Il se plaçait devant son sujet et le fixait dans les yeux jusqu’à ce qu’il sente que ce dernier était « prêt ». Alors il lui intimait d’une voix autoritaire de « dormir ». Tout simplement.
L’hypnose classique utilise essentiellement la focalisation pour l’une de ses vertus les plus simples à appréhender : elle crée de la fatigue mentale. Si vous suivez un pendule des yeux, longuement, ou si vous fixez les yeux de votre hypnotiseur avec intensité, cette activité va vous accaparer beaucoup plus d’énergie que si vous vous étiez contentés d’un bref balayage du regard. En hypnose classique, cette fatigue va permettre d’abaisser les résistances naturelles du sujet et d’augmenter sa perméabilité à la suggestion. Nous reviendrons sur ces notions dans la partie sur l’hypnose classique.
En hypnose ericksonienne, la focalisation est un processus d’induction qui permet de guider le consultant jusqu’à l’état désiré en dirigeant son attention successivement sur des processus de pensées, des sensations, des idées, etc. ; cela afin de construire et structurer la transe qui va suivre. Comme l’avait remarqué Edward Titchener, les mots que nous employons sont très important car ils peuvent ne pas appartenir à la réalité introspective du consultant. Ils peuvent altérer l’expérience hypnotique, s’ils ne sont pas choisis avec soin et en accord avec les schémas profonds de la psyché du consultant. C’est pourquoi lors de mes séances, je parle différemment pendant le pretalk et pendant l’hypnose. J’utilise les exemples du consultant, mais pas son langage pendant le pré talk. Le but est de surprendre l’Inconscient dans la seconde partie, lorsque je me mets à utiliser le même langage que lui.
Lorsque l’on se focalise sur un objet, quel qu’il soit, en plus de la fatigue mentale se produit un autre phénomène que l’on pourrait qualifier de phénomène d’absorption. L’on est littéralement happé par l’objet. Par exemple, au musée, lorsqu’au détour d’un couloir nous tombons nez à nez avec une peinture qui nous touche profondément, nous pouvons complètement oublier le brouhaha alentours de la foule ou même le temps qui passe. L’espace d’un moment, nous sommes « happés », tout notre être est entièrement focalisé par quelque chose, toute notre attention lui est dédiée et nous semblons vibrer au même rythme.
Fait méconnu et pourtant remarquable, véritable clef de compréhension de mon travail, la focalisation se produit aussi dans le cerveau ! Lorsque je vous donne des consignes de travail, par exemple de lever le bras droit, je cherche à diriger le sang dans une zone spécifique de votre cerveau. Vous comprenez peut-être désormais mieux pourquoi avoir le lead est si important. J’ai besoin de pouvoir amener le flux de sang à se concentrer à des endroits précis. À se focaliser dans les zones spécifiques de votre cerveau que je lui indique. Lorsque je demande à quelqu’un qui vient me consulter pour des migraines « Qu’est-ce que vous ressentez tout de suite ? » et que la personne me répond « Hier j’avais mal à la main », elle n’entre pas en hypnose. Si elle répond à côté, si la réponse n’est pas exactement, littéralement la réponse à la question, elle n’entre pas en état d’hypnose. C’est ça le lead. Hypnotiser, c’est focaliser d’une part. D’autre part, l’hypnose, c’est de la focalisation.
Milton Erickson, lorsqu’il hypnotisait quelqu’un, se mettait toujours en hypnose profonde en même temps qu’il lui parlait. Même si on ne comprend pas l’anglais, il peut être intéressant de l’écouter travailler dans des vidéos d’archives afin d’observer les modulations et le rythme de sa voix.
Lorsque quelqu’un vient me voir pour arrêter de fumer, je me place en hypnose profonde et je lui parle. Ce procédé est irrésistible. Ma voix devient hypnotique et comme vous êtes focalisés pour m’expliquer les motivations d’arrêt du tabac, ma voix opère à un autre niveau de langage, un niveau invisible.
L’hypnose agit donc sur les comportements, mais aussi sur les schémas neuronaux qui sous-tendent ces comportements et même, comme nous le verrons avec Rossi, à d’autres niveaux. Certains hypnotiseurs travaillent en plusieurs séances pour l’arrêt du tabac. Ils s’occupent du stress dans une séance, cherchent à enlever les mauvaises habitudes dans une autre. Pourquoi pas ? De mon expérience, j’ai tout de même remarqué que le stress et la gestuelle ou tout ce qui est lié au rituel de la cigarette étaient liés au produit lui même. Lorsque l’individu devient non fumeur, tout ce qui était lié à la cigarette disparaît, devenu obsolète.

L’intention et l’attention

Pour simplifier, on peut considérer que le pretalk est la partie au cours de laquelle le consultant est amené à poser son intention. Qu’est-ce que vous voulez ? Quel est le sens de ce que nous allons faire ? Une fois que l’intention est posée et que je possède le lead, je guide l’attention du consultant à travers son propre langage, c’est à dire à travers son Inconscient, pour l’amener à se restructurer conformément aux attentes du consultant ainsi qu’à sa logique intrinsèque.
Une fois que l’intention est posée, cela crée une sorte « d’attracteur », c’est-à-dire qu’autour de cette intention, un ensemble de champs cérébraux vont se retrouver mobilisés. Pour le dire autrement, le cap est fixé il n’y a plus qu’à avancer ! L’attention et la focalisation servent alors à restructurer le langage de l’inconscient, en lui permettant de réagir vis-à-vis de l’intention, d’une manière créative.

La dissociation

Pour bien saisir ce qu’est la dissociation, je vous propose une petite expérience. Pensez à un souvenir agréable. Voilà. Maintenant, pensez à un souvenir désagréable (pas besoin non plus d’aller chercher quelque chose de terrible, le désagréable du quotidien fera l’affaire). Normalement, lorsque vous avez repensé au souvenir agréable, vous viviez la scène à la première personne, le souvenir a rappelé à vos lèvres le goût de la joie. En revanche, la scène désagréable est normalement revécue à la troisième personne, c’est à dire que lorsque vous y repensez, vous vous voyez dans la scène, vous n’êtes plus le sujet agissant mais êtes devenu un simple spectateur. En étant dissocié de la scène, vous ne vous sentez plus vraiment concerné par ce qui s’y passe et les sombres émotions de naguère ont disparues.
Notre esprit a naturellement tendance à nous associer à ce qui est agréable et à nous dissocier de ce qui ne l’est pas et cela se traduit dans les représentations que nous nous faisons de la scène remémorées.
Maintenant que vous avez saisi comment fonctionnait la dissociation, il est temps de vous révéler deux choses à son propos qui devraient susciter votre intérêt. Premièrement, s’il est possible de se dissocier de ses souvenirs, il est également possible de se dissocier de son corps ou d’autres mécanismes mentaux. Cela est notamment utile en hypnose médicale. L’anesthésiste va alors injecter une dose moindre de produit afin de garder le patient éveillé et le dissocier progressivement de la zone opérée afin qu’il ne ressente ni angoisses ni douleurs, ni symptômes de l’anesthésie au réveil.
Deuxième chose à savoir sur la dissociation : lorsque vous vous dissociez, de votre bras par exemple, il est possible d’en confier l’usage à une autre part de vous. Une autre part qui est, fait absolument remarquable, douée d’intelligence. Nous reviendrons sur tout cela dans la section consacrée au « signaling ».
L’on peut donc se dissocier d’un souvenir, d’un bras ou d’une idée, mais également de certains processus mentaux. Cette dissociation est produite de multiples manières différentes. L’hypnotiseur peut utiliser le langage, par exemple dire « votre bras se lève » plutôt que « vous levez votre bras » tend à réifier le bras, c’est à dire lui donner les attributs d’une chose, ce qui tend à le dissocier. En hypnose, l’esprit devient littéral. Il prête énormément d’attention à ce genre de détails.
La focalisation également, induit la dissociation. Si vous observez la flamme d’une bougie, que vous vous concentrez vraiment afin de porter toute votre attention sur cette flamme, vous n’allez bientôt plus sentir votre corps. Lorsque vous êtes dans un café avec un ami et que vous êtes focalisés sur votre conversation les bruits alentours s’estompent peu à peu et vous pouvez parfois devenir sourd à la rue environnante. Les exemples abondent, dès qu’on se consacre à cent pour cent sur une tâche, nous nous dissocions de tout le reste.
Citons également au rang des éléments dissociants un petit secret des hypnotiseurs. Lorsque vous entrez dans mon cabinet, je pars du principe que vous-même, mais également votre inconscient, assistez à la séance. Lorsque je parle, je sais que certains mots sont pour vous et je sais que certains autres sont pour votre inconscient. Tout ceci est caché et vous ne le percevrez pas. Mais une part inconsciente de vous se sent considérée lorsque vous entrez dans mon cabinet et cela aussi favorise et suscite la dissociation.
Point fondamental, cette part inconsciente peut également, grâce à la dissociation, communiquer directement avec nous grâce à ce qu’on appelle le signaling.
Le signaling est une sorte de langage entre l’inconscient du consultant et le praticien, qui leur permet de communiquer entre eux au moyen de signaux. Mais avant de nous intéresser plus en détails à comment fonctionne le signaling, intéressons-nous à comment il est possible ?

La conscience et le langage chez Pierre Janet

Pour comprendre comment l’inconscient peut exister et agir, il n’est pas inutile de s’intéresser à une question corollaire : comment la conscience peut-elle exister ? La théorie de la conscience et du langage de Pierre Janet est tout à fait passionnante et j’aimerais vous la partager.
Pour le philosophe et psychologue parisien, la conscience est un « agrégat de tendances ». Cet agrégat est maintenu en place par ce qu’il appelle la « tension psychologique ». Les tendances, que sont-elles ? La source de nos actions. Pourquoi mangeons-nous ? Parce que nous avons une tendance psychologique qui nous incite à le faire. Pourquoi mangeons-nous bio ou végan ? Parce que nous avons une ou plusieurs tendances psychologiques qui s’agrègent à la tendance à manger et qui complexifient cette tâche.
Janet hiérarchise les tendances, depuis les plus primaires – les réflexes – jusqu’aux plus complexes, lorsque l’expérience acquise dans le passé permet d’adopter une attitude créative, juste et adaptée par rapport à son identité ainsi qu’aux circonstances du présent.
Concrètement, si vous souhaitez arrêter de fumer et que vous n’y parvenez pas tout seul, peut-être vous êtes-vous étonnés de ce fait ? Après tout, il s’agit de vos actions, a priori guidées par votre volonté, non ? Et pourtant, parfois c’est « plus fort que vous », vous pouvez avoir l’impression que quels que soient vos choix ou votre volonté, il y a des forces à l’œuvre qui agissent hors de votre contrôle. C’est précisément le rôle de la conscience de structurer et synthétiser cet ensemble complexe de tendances en un tout cohérent. Lorsque nous n’y parvenons pas, ces forces cherchent à se manifester, à travers le stress notamment.
Au cours d’une séance d’hypnothérapie pour l’arrêt du tabac, c’est toute la conscience qui est restructurée à un niveau profond afin d’apporter de l’harmonie à cet « agrégat ». Ainsi, en plus d’arrêter de fumer, vous ressentirez davantage d’énergie, puisque le stress et la fatigue causés par le tiraillement permanent que vous ressentiez entre deux actions contradictoires n’existera plus. Au contraire, en vous permettant d’intégrer à votre personnalité de nouvelles tendances, sources de motivation, l’hypnothérapie est libératrice d’énergies.
Le fait que nous puissions influencer des comportements par la parole est tout à fait fascinant. Pierre Janet postule que l’une des fonctions premières du langage est de confier une action à un absent. Parce qu’il est absent, on ne peut pas lui montrer de quoi il s’agit, il faut donc un son pour le désigner. Mais aussi et surtout, parce qu’il est absent on est obligé de se souvenir. Avec la mémoire, c’est le début de l’identité. Et le souvenir, lui, devient une promesse d’action.
Le verbe, renferme donc une certaine force d’action. Plus elle est faible, plus on va parler de « langage inconsistant ». Parler de la pluie et du beau temps, par exemple, n’implique pas une promesse d’action très forte. En revanche, certains mots, dans ce que vous me dites, portent un grand potentiel d’action, une force et une énergie qui ne demandent qu’à se manifester. C’est l’une des raisons pour lesquelles, lors de l’hypnose formelle, je réutilise vos propres mots, votre propre univers.
Avec ces nouvelles informations en tête, il devient plus simple de comprendre ce qui va suivre.

Le signaling

« Dès que vous êtes prêt à commencer le travail, vos paupières se ferment ». Et vos paupières se ferment. C’est un signal que votre inconscient m’envoie à travers une action de votre corps pour me dire qu’il est prêt pour passer à la prochaine étape.
Les signaux que l’inconscient envoie peuvent être très variés. Vos paupières se ferment, votre bras se lève, votre respiration s’approfondit. Ces signaux signifient qu’une étape a été franchie. Mais l’on peut également questionner l’inconscient et obtenir des réponses. Ces réponses peuvent être des réponses simples, comme « Oui/Non ». Dans ce cas-là, on demandera un signe pour oui puis un signe pour non. Par exemple, l’inconscient peut tourner votre tête dans une direction pour « oui » et lever l’un de vos bras pour « non ».
Mais ces réponses peuvent également être plus complexes. On peut par exemple demander à l’inconscient de prendre un stylo et d’écrire. On parlera dans ce cas-là d’écriture automatique. On peut également lui demander de parler, il s’agira là de parole automatique. Il est toujours rassérénant pour le consultant de sentir qu’il n’est pas seul face à son problème, mais qu’il peut compter sur son inconscient et que ce dernier est doué d’intelligence.
Dans l’approche de Rossi, le signaling permet également de lancer des processus ultradiens régénératifs et de stabiliser l’état de la transe. À noter que le signaling n’est pas toujours explicité. L’inconscient se manifeste comme on le lui demande, mais aussi et surtout comme il le peut. C’est au rôle du thérapeute d’être attentif à toute votre attitude, vos mouvements mais également vos rythmes corporels afin de savoir détecter et réagir à toutes vos manifestations inconscientes.
Le fait de considérer les manifestations inconscientes ou involontaires comme une manière de communiquer avec l’inconscient a permis à Milton Erickson de développer une pratique thérapeutique innovante, basée sur une approche stratégique.

Le danseur du désert

Plutôt qu’un magicien, lorsqu’on comprend un peu mieux les ressorts de son action, Milton Erickson apparaît davantage comme un danseur virevoltant. Pas avec son corps, le pauvre homme ayant passé les dernières années de sa vie dans un fauteuil, mais le type de relation qu’il instaurait avec ses patients fait penser à une danse. Une danse du réel, une danse de l’absurde, où le changement survient d’où on ne l’attendait pas.
Parfois le psychiatre s’appropriait un symptôme. Un couple venait le voir pour arrêter de se disputer et il leur demandait de se disputer. Quelqu’un venait le voir pour de l’incontinence et il lui demandait de boire de l’eau. Tout ceci paraît rocambolesque de l’extérieur, mais maintenant que vous comprenez mieux comment la dissociation opère, comment la désagrégation opère, vous devez mieux appréhender les intentions stratégiques de Milton Erickson. Dans cette danse du réel, où le corps est réifié et où les symptômes parlent, le psychiatre utilisait l’hypnose, non comme une fin en soi mais dans un cadre thérapeutique beaucoup plus global. Il pouvait structurer un soin en plusieurs séances, cherchant à chaque fois à provoquer des réactions spécifiques, en fonction de ce qu’il avait analysé chez son patient.
Pour faire une analogie, nous pourrions citer les échecs. Le stratège regarde l’échiquier, mais son attention est portée sur son partenaire de jeu. Il cherche à comprendre comment il fonctionne afin de pouvoir susciter les réactions adéquates chez lui. Est-il confiant, apeuré ? Est-ce qu’il suit sa propre logique et comment réagit-il à mes déplacements ? À la différence des échecs cependant, les deux participants gagnent ensemble.
Autre différence fondamentale, aux échecs, le plateau reste le même tout au long de la partie. Dans la thérapie et grâce au langage, le thérapeute peut « recadrer » le sens de la réalité.
Ainsi, demander à des gens qui se disputent tout le temps de se disputer est – dans le contexte particulier instauré par le thérapeute – un mouvement de nature à changer totalement les règles du jeu. La dispute n’est plus quelque chose que l’on subit, où la colère semble se saisir de nous sans qu’on ne puisse rien y faire, elle devient quelque chose qui est demandé, dans lequel on doit prendre une part active. L’incongruité de la demande participe à l’état de surprise qui permet un recadrage du phénomène, qui se révèle alors sous un jour différent.
En fonction de la personnalité des gens, il pourra choisir de leur raconter des histoires. Tout le monde aime les histoires. Et elles sont souvent sources d’enseignements. Également aussi, pour les personnes résistantes, Erickson pouvait être amené, après avoir rencontré un succès thérapeutique, à solliciter une rechute afin que son patient résiste à la rechute plutôt qu’au succès. Ce qui a pour effet in fine de renforcer le succès. Ce n’est pas quelque chose qu’un novice peut faire. À noter aussi, le fait de proposer une rechute peut permettre de provoquer le symptôme. Par exemple, il décida d’amener l’un de ses patients qui tombait tout le temps dans la rue. Trouvant un bon endroit pour tomber, il lui annonça « Là, c’est un bon endroit pour tomber. Tombez, maintenant ! » Comme la personne ne tomba pas il poursuivi « Vous n’y arrivez pas ? Vous n’y arriverez plus jamais désormais ». C’est une suggestion post-hypnotique.
Tout au long des séances d’Erickson s’opère un recadrage perpétuel du symptôme. Il utilisait la prescription de tâches, qui consistait à demander des actions excessivement dures, souvent plus contraignantes que le symptôme lui-même.
Il formule ça de façon à ce que la prescription soit obligatoire. Il plonge le patient dans une impasse, nous renverrons à des exemples
 en dehors des séances afin de continuer à avoir le lead même lorsque la personne sortait du cabinet. Ainsi, le travail continuait pour le patient et il était maintenu impliqué dans sa thérapie par les prescriptions.
Pourquoi telle personne semble-t-elle résister à l’hypnose ? Peut-être est-ce son siège qui ne convient pas. Changez donc de place monsieur… On comprend comment les contemporains d’Erickson ont pu le prendre pour un magicien. En fait, l’on peut résumer sa pratique par cette citation « Je veux que mes patients choisissent leur manière d’aller dans la direction que je leur donne ». C’est-à-dire qu’une fois que le thérapeute a le leading, le consultant dispose d’une très grande liberté d’expression. Le thérapeute ne juge aucune réaction bonne ou mauvaise. Si Erickson suggérait à quelqu’un que sa main devenait légère et que l’autre lui répondait qu’elle devenait lourde, tant mieux ! Ce qui compte, c’est que l’inconscient réagisse à la suggestion, qu’il manifeste sa présence à travers un signal.
Last but not least, toute l’approche stratégique de Milton Erickson repose sur une vision extrêmement positive de l’inconscient. En tant qu’hypnothérapeute ericksonnien, je considère l’inconscient comme une force naturelle au service de votre bien-être. Je crois que l’inconscient a pour utilité de vous aider à vivre en étant heureux, quel qu’ait été votre passé et quels que soient vos projets d’avenir ou les difficultés du présent.

L’attitude du thérapeute

Un jour, une personne qui venait me voir pour l’arrêt du tabac me déclara « J’ai repris la cigarette après avoir arrêté six mois grâce à l’un de vos confrères » je lui ai demandé pourquoi elle n’était pas retourné le voir si ça avait fonctionné une première fois. Ce à quoi elle me répondit qu’elle avait trop peur de le décevoir. Je pense qu’il est très probable que ce thérapeute ait une place très différente de la mienne.
Tous les hypnotiseurs s’accordent à dire que le patient est en transfert négatif quand il arrive. C’est à dire qu’il se méfie de son thérapeute. Même s’il dit le contraire. Je crois pour ma part que cette peur est plutôt saine. Je pense qu’il est tout à fait normal que quelqu’un qui ne connaît pas l’hypnose ait peur en entrant la première fois dans mon cabinet. Même si vous êtes comme le Chevalier Bayard, sans peur et sans reproche, c’est normal de se méfier. D’ailleurs, il n’est pas question pour moi de vous rassurer, je vous invite au contraire à continuer d’avoir peur parce que je suis un thérapeute anti-relaxation. Si vous êtes trop confiant en venant me voir, je prends cela comme une complication et je dois m’adapter à cela.
Certains thérapeutes cherchent à se montrer amicaux avec leurs consultants afin de contrebalancer le transfert négatif. Je crois que ce n’est pas la bonne attitude : quand vous venez me voir, vous venez pour arrêter de fumer, pas pour vous faire un ami.
Pendant le pre talk, je suis physiquement présent en tant qu’individu, avec des convictions. J’ai du répondant, je suis là. Je suis le sujet sachant. Pendant l’hypnose formelle, je deviens nébuleux, orageux, le corps disparaît. C’est la voix qui accompagne, mon corps s’efface. Si je n’ai pas eu la position juste pendant le pretalk, mon corps ne s’efface pas. Je dois n’être qu’une voix dans l’hypnose formelle.
Quand on regarde des vidéos du meilleur thérapeute du XXe siècle, Milton Erickson, on remarque que souvent, pendant l’hypnose formelle, son attitude physique change pour se rapprocher du sujet car il était gravement malade. Il voulait faire le moins d’efforts possibles pour parler. Ma façon de travailler est donc un peu différente de celle d’Erickson : je sors totalement de la sphère intime de la personne quand commence l’hypnose formelle. Je dois être à plus de deux mètres. Je veux que mon corps disparaisse, je veux n’être qu’une voix.
Cette voix emploie vos termes, vos mots, vos convictions, donc vous êtes séduits par vous-même. Ainsi votre inconscient ne peut que se laisser faire.
Je pense que l’hypnothérapie n’est pas une question de confiance. Pour moi, il n’est pas question de rassurer, l’hypnose ce n’est pas de la relaxation, ce n’est pas de la confiance. Je suis hypnothérapeute, donc je dois trancher et agir. Si la personne obéit aux consignes et se laisse aller, elle n’a pas besoin, ni de me faire confiance, ni de me trouver sympathique pour que ça fonctionne. De toutes façons, elle sera séduite par elle-même lors de l’hypnose formelle.
J’aime afficher deux personnalités différentes qui correspondent à deux places différentes entre le pretalk et l’hypnose formelle afin de surprendre l’inconscient du sujet. La surprise est toujours quelque chose d’intéressant dans la cure ericksonienne. Tout le monde aime les surprises.

La microdynamique de la suggestion

Quand vous parlez à quelqu’un, cette personne ne va pas se mettre en état d’hypnose ! Nous avons évoqué la voix, le langage dissociant et également la mise en place d’un signaling, parmi les outils dont disposait l’hypnotiseur. Ces outils permettent d’induire l’hypnose chez quelqu’un… À condition qu’ils soient employés en accord avec la microdynamique de la transe et de la suggestion, telle que l’a formulé Rossi dans « Traité pratique d’hypnose ».
La microdynamique permet de se détacher d’une vision rhétorique de l’hypnose, où l’hypnotiseur emploie des trésors de linguistique face à un sujet subjugué. Elle s’intéresse à ce qui compte vraiment : ce n’est pas ce que l’hypnotiseur fait ou dit qui compte, mais les réactions du consultant à toutes ces stimulations.
Ainsi, on découvre à travers ces cinq étapes l’une des matrices stratégiques d’Erickson. Le pourquoi de toutes ses phrases étranges, ses questions surprenantes ou les jeux de mots qu’il pouvait faire en séance et dont nous retrouverons divers exemples dans un glossaire sur les cas les plus intéressants du meilleur thérapeute.
1) fixation de l’attention
2) neutralisation des cadres conscients
3) recherche inconsciente
4) processus inconscients
5) réponse hypnotique
La fixation de l’attention permet de limiter les cadres de références habituelles du patient. C’est la conscience de tous les jours, avec ses habitudes de fonctionnement, le roulis de son train-train quotidien, qui maintiennent bien souvent un problème en place, en nous empêchant d’y réagir de manière créative. Une fois que le praticien a pris le lead vis-à-vis de l’attention du consultant, il peut neutraliser les cadres conscients. Il s’agit d’apporter du chaos. Erickson faisait cela à travers tous les exemples que nous avons vu : déplacer un symptôme, rendre les gens confus, les distraire ou leur proposer des paradoxes. Cette neutralisation a pour but de déconditionner le consultant de ses modes réactifs habituels afin de le faire accéder à son plein potentiel.
Lorsque l’attention est focalisée sur un point, elle se réduit mécaniquement. Cette réduction du champ de conscience habituel favorise l’émergence de processus inconscients. Le chaos provoqué par la neutralisation des cadres conscients suscite la recherche de nouvelles associations inconscientes susceptibles de structurer un cadre de référence plus adapté.
Cette recherche inconsciente est dirigée par le praticien au moyen de métaphores, de questions et de tâches qui sont comprises à deux niveaux. Ainsi, l’inconscient comprend quelque chose et la conscience autre chose. La recherche inconsciente qui se met alors en place pour aboutir à une nouvelle compréhension enclenche divers processus que le thérapeute coordonne en distillant des suggestions ou en proposant des associations de mots.
L’intérêt de lancer des processus inconscients vient du fait que les réponses sont automatiques. Les nouvelles informations ou les nouveaux comportements, qui sont autant de réponses hypnotiques, forment une nouvelle orientation de la personne vis-à-vis de la réalité. Ainsi, en transformant le rapport de l’individu à sa réalité, tous les changements comportementaux désirés (arrêt du tabac, libération émotionnelle, perte de poids, etc.) s’insèrent naturellement dans la nouvelle réalité individuelle, à condition d’être compatibles avec l’écologie mentale. Ils ne sont plus des tendances détachées du moi, dont la douleur de l’éloignement est source de frustration.
Cette microdynamique de la transe, bien pratique pour comprendre ce qu’il se passe de « caché » au cours d’une séance, a été formalisée par Ernest Rossi en observant le travail d’Erickson. Mais comme nous allons le voir, Rossi en a sa propre interprétation, qui s’articule autour d’une lecture particulièrement stimulante de l’œuvre d’Erickson.

Les rythmes ultradiens 

Quand on relit Molière après avoir lu « Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient » de Sigmund Freud, on ne peut s’empêcher de penser que Molière avait compris l’Inconscient sans le formaliser.
De la même manière, quand on lit Rossi, on ne peut comme lui s’empêcher de penser qu’Erickson avait déjà compris intuitivement comment fonctionnaient les rythmes ultradiens.
Mis à part Rossi, la plupart des élèves d’Erickson ont cherchés à vulgariser ses techniques et à les rendre plus rapide. Ainsi, par exemple, la PNL fait totalement l’impasse sur les rythmes ultradiens. Pourtant, ce sont ces rythmes qui permettent de comprendre pourquoi Erickson faisait parfois des séances de dix heures, parfois de huit, et parfois encore, des séances beaucoup plus courtes. C’est la connaissance de ces rythmes qui permet d’appréhender comment Erickson faisait pour augmenter la taille de la poitrine des femmes. Aujourd’hui, plus personne ne fait des séances de dix heures. Économiquement parlant, ce ne serait pas rentable.
Dans « Traité pratique de l’Hypnose », écrit en 1976, Rossi écrit : « Les approches d’Erickson relatives à la neutralisation des cadres conscients sont si subtiles et insidieuses dans la façon dont elles sont tissées avec le processus d’induction et de suggestion qu’elles passent généralement inaperçues, même lorsque l’on étudie la transcription écrite des mots qu’il a utilisés. Afin de les placer en perspective, nous avons souligné la microdynamique de l’induction et de la suggestion. »
Si les approches d’Erickson passent inaperçue dans le texte, c’est parce qu’elles s’appuient sur ces rythmes subtils, et qu’aucune transcription textuelle n’en fait état. Il écrit quelques pages plus loin : « « Nous faisons l’hypothèse que dans la vie de tous les jours, la conscience est dans état de flux permanent entre l’orientation générale à la réalité et la microdynamique temporaire de la transe. Un hypnothérapeute bien entraîné est extrêmement conscient de cette dynamique et de ses manifestations comportementales. L’expérience de la transe et l’hypnothérapie sont simplement un développement et une utilisation de ces processus psychodynamiques normaux. »
Il faut exercer depuis plusieurs années afin d’être capable de percevoir ces changements de rythme. Maintenant que nous savons qu’ils existent, cherchons à comprendre un peu mieux ce que sont ces rythmes ultradiens.
Dans « Du symptôme à la lumière » Rossi écrit « Le cycle de base d’activité et de repos est le rythme ultradien fondamental de quatre-vingt-dix à cent vingt minutes, décrit à l’origine par Nathaniel Kleitman pour caractériser la périodicité la plus importante de l’expérience humaine : les activités sociales, l’efficacité des performances humaines, la mémoire et l’apprentissage, aussi bien que la faim, les sécrétions hormonales, la croissance cellulaire, la reproduction et la guérison sont apparemment tous liés à un cycle de base d’activité et de repos commun ou à des synchronisateurs multiples de ce cycle. Le cycle de base d’activité et de repos de Kleitman peut être considéré comme une sorte de fenêtre sur les processus psychobiologiques les plus fondamentaux de l’expérience humaine qui peuvent être touchés ou entraînés par le travail hypnothérapique, facilitant ainsi la communication et la guérison corps-esprit. »
Les rythmes ultradiens sont étudiés depuis les années soixante, mais ce n’est que ces dernières années que les découvertes les plus précises ont pu être faite. Plusieurs prix Nobel de médecine, dont les plus récents en 2017, ont étudiés comment le corps faisait, en dehors de toute stimulation extérieure (changement de température, lumière du soleil etc.) pour s’autoréguler.
Trois rythmes majeurs ont été mis à jour. Des rythmes de cinq minutes, vint minutes et des rythmes de deux heures. Chacun de ces rythmes est lié à la division cellulaire, ou comment l’ADN d’une cellule change subtilement lorsqu’elle se divise afin d’engendrer la génération cellulaire suivante.
Rossi pense que lors d’une séance d’hypnose où l’on utilise ces rythmes – plusieurs cycles de deux heures, dans le cas de séances de dix heures – le fonctionnement de l’esprit permet d’influencer le fonctionnement du corps jusqu’à un niveau génétique. Je ne sais pas à quel point la théorie de Rossi est exacte. Pour ma part, je la considère comme vrai et ait d’excellents résultats avec.
Il faut comprendre que cette découverte majeure est une véritable révolution dans la manière de travailler. Si nous prenons l’exemple de l’arrêt du tabac grâce à l’hypnose, la manière « classique » de procéder, consiste à dégoûter le consultant du tabac. Ou alors, ce que l’on trouve parfois dans les vidéos sur internet, il s’agit de donner des suggestions comme « maintenant, vous vous libérez de la cigarette ».
Mais si la vidéo n’emploie pas vos propres mots, ceux que vous utilisez au moment de la séance (les mots que vous employez un jour pour l’arrêt du tabac ne sont pas forcément les mêmes que vous emploieriez le lendemain) et ne respecte pas vos rythmes ultradiens, les chances de réussite sont grandement amoindries. De la même manière, si vous êtes dégoûtés du tabac mais que votre corps a toujours la sensation d’être fumeur, vous risquez d’être tiraillés entre votre besoin de fumer et le dégoût que cela vous inspire, avec souvent du stress à la clef.
 
Travailler avec les rythmes ultradiens, au contraire, garantit les meilleures chances de succès. Rossi s’est aperçu que derrière nos comportements de la vie de tous les jours, il y avait des processus physiologiques. Lorsque nous mangeons, lorsque nous faisons une pause, lorsque nous sommes stressés… Tous ces moments au cours d’une journée résultent d’une part, mais influencent également, les niveaux d’hormones dans le corps, le cortisol, la testostérone, etc. Ils ont un impact sur le système nerveux, sur le système endocrinien, sur le système musculo-squelettique. Ainsi, lorsque nous travaillons avec les rythmes ultradiens, nous demandons au corps de s’adapter à une nouvelle réalité : celle d’être non-fumeur dans le cas d’une hypnose pour l’arrêt du tabac. Et être non-fumeur, c’est dans la tête, mais pas uniquement !
Ainsi, lorsque tous vos systèmes physiologiques se sont coordonnées afin de vous projeter dans une réalité où vous êtes devenus non-fumeur, tous les comportements associés à la cigarette disparaissent spontanément, car devenus obsolète.

Pour vulgariser, nous pourrions dire que l’hypnose par suggestion, c’est un peu comme un patch correctif sur un programme, un patch qui ne dure que dix jours. Alors que l’hypnose ultradienne, c’est une mise à jour complète. Une nouvelle version totalement réinitialisée, donc qui dure dans le temps.

Pour encore aller plus loin:

=> différents cas du meilleur hypnothérapeute, le docteur Milton Erickson :

  • Redonner de la féminité
  • homme souffrant de douleurs multiples suite à un cancer en phase terminale