Le chaos en hypnose ericksonienne

L’utilisation de la confusion par Erickson

Le psychiatre américain Milton Erickson était friand de jeux de mots. Il jouait sur les multiples sens que prenaient les mots pour instiller la confusion chez ses interlocuteurs.
Plus tard, il théorisa sa technique de confusion en en expliquant le but.
La confusion intervient dans le cadre d’une « relation interpersonnelle dont la nature implique une forme de participation et d’expérience commune ». C’est la raison pour laquelle la place que je prends lors du pretalk est toujours la même. Je prends le lead car il me permet d’agir et cela implique une prise de position particulière dans le cadre de la relation thérapeutique.
La confusion, selon Erickson, intervient au moment où une personne placée dans « une situation intelligible dans laquelle elle peut s’attendre à un certain type de réaction » se retrouve confrontée à « une incohérence tout à fait hors de propos, mais ayant du sens en elle-même, incohérence mettant la personne dans l’impossibilité de réagir jusqu’à ce qu’un temps suffisant se soit écoulé pour permettre une réorganisation mentale ».
Erickson écrit ensuite « La situation est donc structurée de telle manière que des réponses précises et appropriées sont attendues mais, avant qu’elles ne puissent être données, on introduit un élément hors de propos ou incohérent, élément qui est en lui-même un message compréhensible, et qui inhibe l’autre personne, l’empêchant de donner la réponse naturelle à la situation de départ. »
La confusion est efficace parce qu’elle permet de désamorcer les mécanismes de pensée habituels, qui peuvent nous enfermer dans des automatismes hérités du passé. La confusion apporte du chaos, et selon Ernest Rossi, l’un des plus brillants élèves d’Erickson, le chaos est absolument fondamental.

Le chaos pour Rossi

Dans, « Du symptôme à la lumière », il cite Rössler : « Jusqu’à ce jour, “Kon Ton“ qui signifie mélange et chaos dans la pensée orientale, renvoie à un état de l’esprit qui se trouve au-delà de l’illusion… Le chaos représente donc le plus grand défi pour l’esprit — s’affranchir de la prison des apparences. En occident, le chaos occupe une position tout aussi élevée dans la hiérarchie de la pensée. »
Les travaux de Rossi portent sur les implications psycho-biologiques de l’hypnose. S’inspirant de plusieurs prix Nobel de médecine, dont les travaux portent notamment sur la biologie et la génétique, ses recherches laissent supposer de possibles actions de l’hypnose sur notre ADN.
Le chaos a une place centrale dans ses travaux. C’est dans le chaos qu’il voit les prémisses d’une nouvelle dynamique psychologique de la nature humaine. Le chaos est une « explosion interne qui ne se termine jamais ».
Il pose la question : « Les profondes crises émotionnelles de l’hypnose historique, tout comme nos nouvelles approches idéodynamiques de la catharsis émotionnelle et de la résolution de problèmes, sont-elles aussi des manifestations de ce genre d’explosions internes chaotologiques ? Ces explosions internes sont-elles la source des états subtils de l’excitation psychobiologique ? »
Il propose ainsi une forme d’hypnose épurée, particulièrement précise, où il cherche à provoquer, par le chaos, des « bifurcations » dans les symptômes. La bifurcation est un processus par lequel un symptôme va créer deux chemins, ouvrant la voie au changement. Grâce à l’hypnose, il cherche à déclencher et orienter des états physiques particuliers où le chaos va être amené de manière stratégique afin que des solutions se créent d’elles-même et s’agrègent naturellement à la personne.

Ma méthode

Rassurez-vous ! Après vous avoir narré les vertus de la confusion et du chaos, je ne m’apprête pas à vous expliquer le déroulement d’une séance : je vous garde la surprise !
Afin que la séance se passe au mieux, je vous invite à lire l’article sur le pretalk afin que vous compreniez mieux ce qui est en jeu dans une séance d’hypnose. Et afin que vous compreniez les postures que je vous interdit de prendre devant moi. La première chose que je dois valider avant de commencer une séance est que nous avons un bon rapport thérapeutique. Pour résumer ce que c’est, il faut savoir que je vais vous donner des consignes au cours de la séance : vous asseoir, lever un bras ou encore tourner la tête. Il faut que vous suiviez mes consignes au moment où je vous le demande, c’est aussi simple que cela. Pour le dire un peu lapidairement : j’ordonne et vous exécutez. (voir vidéo de Roustang)
Ce rapport particulier me permet d’agir à un niveau d’hypnose beaucoup plus profond. Au cours des années, je me suis mis à utiliser de l’énergétique dans mes séances et je me suis aperçu que ça en augmentait l’efficacité et la rapidité. Certaines des personnes qui viennent me consulter trouvent que cela ressemble à du magnétisme.
Comme Erickson l’a enseigné, je dois apporter du chaos pour susciter le changement. Je travaille en apportant du chaos dans le rapport que vous entretenez avec le symptôme, avec votre environnement et entre votre environnement et le symptôme. Au cours de chaque séance, vous allez passer par une phase où vous ne saurez plus ce que vous devez faire, vous vous sentirez désemparé, dans l’incompréhension. Ces moments sont pour moi des sortes de « portes » qui me permettent de vous amener dans les rythmes ultradiens de régénération que Ernest Rossi décrit dans son ouvrage. Des ces états, votre corps sera amené à focaliser ses capacités de régénération vers des zones spécifiques.
Chaque personne réagit différemment à ma méthode car chaque personne est différente et les rapports avec les symptômes itou. Je vous invite à consulter la section vidéo afin de découvrir des témoignages sur des thématiques très variées.
La méthode que j’utilise semble pouvoir apporter un soulagement sur des problématiques psychologiques (phobies, angoisses, chocs traumatiques ou préparation sportive par exemple) aussi bien que sur des problématiques physiques. J’ai notamment eu des retours très positifs de personnes souffrant de fibromyalgie, de la maladie de Charcot-Marie, d’AVC ou encore de myopathie.